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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 00:17

 


Nous avions laissé nos héros en proie à un dangereux boss de rencontre de deuxième niveau. Après une page consacrée à faire un copier-coller de la page du dernier chapitre (gros plan sur le méchant, gros plan sur les visages consternés des héros, vu d'ensemble pour situer chacun sur le lieu de l'action) qui est toujours ça de gagné pour le mangaka, l'action reprend et on apprend le nom du méchant.


Pour avoir plus de classe (car les méchants, de par leur méchanceté, se doivent d'être plus classes que ces tapettes de bisounours qui servent de personnages principaux), ce dernier aura un nom significatif et frappant, de préférence d'origine occidental, le must étant évidemment une référence au lexique anglo-saxon : Viral (prononcez Vilalu), Drakon (prononcez Dulakon), Darkblade (prononcez Dalukubulaide) ou encore Robert (prononcez Lobelutu).
Mais comment connait-on son nom? me demanderez-vous en bon lecteur perspicace que vous êtes. Tout simplement, parce que c'est l'une des premières choses qu'il crie après avoir fait mouche sur Yuriko : "Ah! Ah! Ah! (le fameux rire dément) Vous ne parviendrez jamais à vaincre le grand vilalu! (car oui, êtres mégalomanes, les grands méchants affectionnent tout particulièrement la 3ème personne du singulier dès qu'il s'agit de parler d'eux).


Nouvelle page représentant un travelling latéral afin de donner une idée précise (enfin pour un shônen, puisque la précision et la clarté n'est pas toujours ce qui caractérise le genre) de la configuration du champ de bataille tout en accentuant encore la tension dramatique de la scène. D'ailleurs, on peut avoir de nouveau des gros plans sur les personnages exprimant avec force yeux écarquillés, bouches ouvertes ou sourcils froncés étonnement et colère légitime (car les grands yeux plissés voir même fermés de Yuriko montrent combien celle-ci est mal en point).


S'ensuit immédiatement la réaction, forcément époustouflante d'intelligence stratégique, de Yuki : il fonce tout seul sur sa nouvelle cible en poussant un grand cri viril (que le perspicace lecteur occidental imaginera immanquablement comme une sorte de "Kia" poussé par un adolescent à la voix de fausset).

Comme c'est un boss, la technique initial ne marche pas, d'ailleurs, Yuki s'en rend compte à ses dépend (comprenez : il a un hématome sur la tête), le boss étant à la fois bon au corps à corps ET au tir. De là, remise en question rapide de Yuki -perceptible par ses pensées qui, contrairement aux normes occidentales, ne sont pas enfermées dans ces bulles reliées au personnage par des petits ronds réguliers mais sont au contraire caractérisées par l'absence de bulle, système qui rend parfois les situations ambigües au possible puisqu'on ne sait plus du tout qui pense quoi.


En une fraction de seconde, notre héros élabore une nouvelle stratégie qu'il communique d'une voix forte, ferme et décidée à ses compagnons d'armes : tout le monde attaque le boss en même temps. Lui et Eiji font pleuvoir, comme il se doit, un déluge de coup sur leur victime à l'aide de leur sabre pendant que Kurt et Kyoko déchainent les feux de l'Enfer avec leur bazooka et gros fusil respectifs.
S'ensuit une scène extrêmement confuse, comme annoncée, avec beaucoup d'onomatopées, de "bang", de "boum", de "Ah!", de "Oh!", de "Kia", de "Cling", de "Clang", de "Humf", le tout au travers de pages qui, en fin de compte, par leur aspect global et leur lisibilité, ne sont pas sans évoquer certains chefs d'oeuvre de la peinture moderne.



Une petite centaine (ce n'est que le premier boss après tout) de pages plus tard, le lecteur comprend que Yuki et son équipe ont vaincu le vlaiment vil Vilalu. Ce dernier, non content d'être vil, s'avère également être lâche : se voyant dépassé par la stratégie machiavélique de Yuki, il disparait soudain en s'enveloppant dans sa cape et un nuage de fumée tout en lâchant un rire dément et une promesse de retour rapide et désagréable pour nos héros(à moins qu'il ne réussisse à mettre un compagnon de Yuki en difficulté, obligeant celui-ci à venir en aide à son ami et lui laissant ainsi le temps de s'en aller -toujours avec un rire dément, ça ne mange pas de pain).

Le combat terminé, les guerriers se précipitent vers Yuriko avec de grands cris inquiets s'ils n'ont pas trouvé le temps de le faire dans les cent dernières pages, s'assurent qu'elle va bien, lui font les premiers secours (traduction : elle sera sur pied, fraîche et pimpante dans le quart d'heure qui suit) et se félicitent d'avoir si bien réussi cette nouvelle épreuve grâce à leur compétence, à leur coordination et surtout, surtout, surtout (mais alors vraiment surtout) leur esprit d'équipe.
Car les Japonais aiment l'esprit d'équipe, je dirais même adorent l'esprit d'équipe (sauf Musashi, mais c'est un autre problème), à condition qu'il y ait quand même un héros blond surdoué qui puisse la diriger. ça tombe bien, c'est le cas de notre histoire.

Reprenons donc : nos héros sont contents, ils sourient même avec les dents, pleinement satisfaits d'avoir surmonté cette nouvelle épreuve, dont la difficulté accrue et la violence inouïe ( indispensables à toute nouvelle épreuve digne de ce nom) sont finement indiquées au lecteur par les hématomes que chaque personnage porte comme autant de preuves de sa bravoure au combat (le perspicace lecteur remarquera à l'occasion que Yonosuke ne possède aucun hématome), cicatrices délébiles qui n'abimeront pas leur beau visage de héros juvéniles et asexués.


Ils se demandent tout de même qui était ce triste individu qui les a contrarié si fort. Comme ils n'ont aucun moyen de le savoir, qu'ils sont jeunes et "cool" (je rappelle que Yuki est blond avec une coiffure ridicule) et que Kurt réclame à manger (car après un épisode à la tension et au suspens quasi-insupportable pour le candide-lecteur-usager-du-métro-tokyoïte-moyen, il faut détendre l'atmosphère avec une petite note humoristique qui fidélisera le lecteur amateur de kawaï et de bonnes blagues -les deux remplissant cette même fonction de relâchement de la tension- et lui permettra d'aller manger son riz vespéral l'âme tranquille : le Bien a triomphé et oh!oh!oh! ces petits héros sont tout de même bien sympathiques!); qu'ils sont jeunes et "cool" et que Kurt réclame à manger disais-je avant de me couper trop longuement, le chapitre se termine et nous en restons là, sur cette note d'attente et de questionnement : qui était en fait ce mystérieux boss super classe? pour qui, pourquoi travaille-t-il? Quel piège attend encore nos héros?

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Published by Ten-Retni - dans Du manga
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commentaires

Ten-Retni 08/12/2008 16:49

Comme vous pouvez le voir, je n'ai pas encore eu le temps de poster le texte lovecraftien, j'ai donc pris la seconde proposition de Zehr qui correspondait à celle de Sans Cas et ai continué le shônen. Il n'y a pas encore d'Occidental, mais j'y pense, j'y pense...

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