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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 23:15
Quand un étudiant révise, il passe par divers étapes :

Au début, il a le temps, son travail est encore loin, loin, loin, c'est le temps de...



I) L'insouciance :






C'est le temps du non-travail, on se dit que ça viendra bien assez tôt, on reporte, on pense à autre chose, c'est le temps des festivités et des enfants joyeux.

Mais...

...le temps, implacable, s'écoule et l'on se rend compte que l'échéance approche. Cependant, on se dit qu'on a encore le temps. Après tout, une semaine, c'est bien assez pour deux partiels et un exposé. On entre alors dans le temps du...



II) Déni:




On cherche encore à faire la fête, on sort, on boit, on est jeunes et on s'fout d'tout. De temps en temps, certes, on pense à ce qui nous attend, et plus le temps passe et plus on y pense, et plus on y pense et plus on a mauvaise conscience, et plus on a mauvaise conscience et plus on cherche à refouler, et plus on cherche à refouler et plus on sort et on fait la fête, et plus on sort et on fait la fête et plus le temps passe. Et vient alors le temps du...



III) Stress :

 







Où l'on prend conscience de son retard considérable et de la masse de travail qui reste à faire pour bien préparer les examens. Où l'on se met alors à travailler avec ce que l'on veut être du sérieux, où l'on se met à refuser de sortir pour se donner bonne conscience, où l'on rejette dédaigneusement les promesses alléchantes de la vie sociale et où l'on se prépare pour la lutte sans cesse renouvelée des révisions: on ajuste son
bandeau et on se met face à la table en poussant un grand cri destiné à renforcer les volonté et à raffermir les coeurs.

Mais cette bonne volonté de dernière minute ne faisant rien à l'affaire, arrive bientôt le moment de la...




IV) Résignation:





Lorsque l'examen se fait proche, inéluctable, le dernier soubresaut permis par le temps du stress apparaît rapidement vain, inutile, dérisoire. L'étudiant, fatigué, relève la tête et de ses yeux noircis par les cernes jaillit un unique sentiment : la lassitude.

Son lit, non loin, l'appelle; son regard va de ses feuilles de cours à son confortable matelas et de son confortable matelas à ses feuilles de cours. Après tout, en quoi réviser dix minutes de plus changera-t-il quoique ce soit au résultat final? A l'inverse, le lit est plein de promesses de sommeil, tant désiré, tant mérité, offrant la possibilité d'abandonner, de sombrer, et d'oublier.

Le lendemain, l'étudiant se dirige vers son destin, représenté pour la circonstance par quelques feuilles sans carreau à marge blanche et à coin repliable, accompagnées de deux feuilles de brouillons jaunes. Dans quelques minutes, le sujet tombera, comme un couperet. Il sait la confrontation inévitable. Il n'a d'autre choix que de survivre à ces trois heures. Stoïque, il attend puis se met au travail.




Trois heures plus tard, c'est l'heure de la...




V) Libération:






Quelque soit l'issu de l'examen, l'étudiant s'en est sorti, une fois de plus. A l'extérieur, le soleil brille, les oiseaux chantent dans les feuilles des arbres et les fleurs fraîchement écloses répandent leur senteurs capiteuses. Le voilà, une fois de plus, en vacances. La prochaine épreuve est loin, tellement, tellement loin : une semaine, c'est l'infini...






PS: vous l'aurez vu, ce texte comporte, ô douce surprise, de la musique certes, mais également un dessin! En effet, afin de promouvoir les jeunes talents et accessoirement de bénéficier de supports visuels venant égayer l'austérité habituelle de mes textes par quelques touches de noir et blanc, j'ai conclu un pacte de sang avec un pirate dessineux (il me passe des dessins et son septième fils en échange de textes pour son propre blog). Il s'agit de l'affable Barbenoire dont j'ai mis le site en lien. J'ose espérer que ces petits agréments graphiques vous plairont et que je pourrais vous en proposer d'autres par la suite.
  J'ai d'ailleurs rajouté un autre p'tit dessin dans l'article sur la pipe.


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Published by Ten-Retni
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commentaires

S. 08/01/2009 17:00

Toujours aussi bien à lire.
Le dessin est très bien.

On s'en sort parce qu'à chaque fois on dit : "Plus jamais ça".
Et, bénédiction de la condition humaine, l'oubli passe par là.
Donc on recommence.

Pas facile la dure vie métaphysique de l'étudiant...

Ten-Retni 08/01/2009 19:54


Exacte. Mais pour être parfaitement honnête, certains affirment qu'il existe des étudiants qui travaillent sérieusement et même pas au dernier moment. Toutefois, ceux qui colportent de tels récits
sont souvent des gens bizarres et peu fiables. En vérité, les étudiants dont ils parlent ne  sont peut-être rien d'autre que des êtres féériques et légendaires né de l'imagination malade de
pauvres hères fébriles traversant les fièvres du "temps du stress"...(quand je disais que Lovecraft pouvait se caser partout).


Zerh 07/01/2009 14:30

Je lis cet article plusieurs fois par jour tellement il est bon.

On peut cependant se demander comment 100% des gens qui ont réussis leurs études ont fait pour s'en sortir avec ce système à cinq étapes, universel mais tellement foireux.

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