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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 18:51

 

 



La pizzeria "Voir Naples et mourir" est une de ces petites gargotes aux couleurs passées et aux murs ornés de peintures pittoresques représentant des petites cabanes de bergers typiques perchées au sommet de collines méditerranéennes dont les tons de terre brûlées contrastent avec un ciel limpide, brûlant et typique. Une pizzeria en apparence on ne peut plus classique. C'est une heure creuse. Celui que je viens voir est attablé, une boite à chaussure devant lui, occupé à en extraire de ses doigts boudinés et couverts de bagues des liasses de billets qu'il compte méticuleusement avant de les poser à côté du carton.

"Tiens, mais qui voilà! Prend une chaise, fils, et dis-moi ce qui t'amène" me dit-il de sa voix chaude et grave digne d'un Tom Waits dans sa meilleure période.

-Salut Gros Tony, comment marchent les affaires? Et la famille?
-On ne se plaint pas John, la routine, tu sais ce que c'est, et la Mama est toujours aussi en forme.
-Dis-moi Gros Tony, ça fait longtemps qu'on se connaît non?
-La première fois que tu es venu tenter de me voler, tu m'arrivais à peine à la taille. ça te rendait difficile à frapper d'ailleurs. Tu as toujours bien esquivé mes torgnoles.
-Eh...ça fait un baille...Dis donc, je patauge dans une affaire, tu pourrais me faire une commande spéciale, histoire de m'aider à avancer un peu.

Je devine avoir touché juste en voyant ses lourdes paupières se relever pour laisser briller une lueur de curiosité dans ses yeux.

-Quelle genre de commande...spéciale?
-Peut-être qu'on pourrait y mettre des...pruneaux.
-On pourrait oui...saupoudré de viande haché...
-Mais avec beaucoup...d'épices, si tu vois ce que je veux dire.
-Je crois qu'on peut s'entendre fils. Je t'arrange ça, reviens dans une heure. comme d'habitude : la moitié avant, la moitié après.
-Je savais que je pouvais  compter sur toi Gros Tony.

 

 

 

 

 

Le temps de l'action est venue. J'enfourche ma bécane et me faufile vers les faubourgs délabrés de la cité.

J'ai du mal à pédaler. Cette pizza aux pruneaux de Gros Tony était la meilleure de toute la ville. La moitié de l'avance de Sam y était passée.


Mais cela faisait une éternité que je n'avais pas eu l'impression de me bâfrer dans un tel océan de sensations explosives, pour moitié répugnantes certes mais dont le caractère excessif seul me suffisait. Elle me rappelait l'affaire de l'assassinat du juge Bianco que j'avais résolu grâce à une glace dix boules-chantilly-chocolat fondu. Il est vrai que mon estomac avait failli exploser à trois reprises dans la semaine qui avait suivi mais mon cerveau s'était en revanche vu doté de suffisamment de sucre et de signaux d'alarme venant de mon foie pour me faire tenir jusqu'à la résolution de l'énigme.

 

 

 


Remonté à bloc, les synapses en ébullition, je descends de mon vélo et me retrouve devant la piaule de Joe le tire-laine. La porte ne résiste pas longtemps aux caresses suaves de mon passe-partout.


J'entre avec la discrétion et l'agilité du couguar.Appart minable de truand à la manque. Déjà fouillé semble-t-il. M'étonne pas, ses potes comme leurs ennemis ont du déjà y passer.


Heureusement, les bandits ne sont pas connus pour leur méthodes d'investigations scrupuleuses. Je devrais pouvoir y dénicher des indices intéressants.


Malheureusement les bandits ne sont pas connus pour leur méthodes d'investigations scrupuleuses. Le bureau de mon gus me fait furieusement penser au cerveau de Kennedy après sa visite de Dallas .


Je ramasse quelques paperasses, repère un magasine intéressant qui finit dans la poche intérieure de mon imper, récupère un DDEM (disque dur externe miniaturisé, ndt), remarque au passage qu'il n'y a aucun portable pour aller avec. L'ont sans doute embarqué et oublié le DDEM sous la pile de papiers remués pendant qu'ils fouillaient. Pas grand chose de plus. Je m'accorde un petit quart d'heure de pause pour souffler un peu et siffler une bouteille de Daniels qui ne servira plus à personne. En rangeant la bouteille, je déniche un bilboquet. Après une demi-heure de..hum..étude très scientifique de l'objet, je sors en refermant la porte comme si j'étais le légitime de l'appart.

 

 

 

Et c'est alors que je me retrouve face à...nom de dieu! Une beauté à la poitrine suffisamment proéminente pour inciter ce bon vieux Isaac à revoir quelques unes de ses théories dans sa tombe. 

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Published by Ten-Retni - dans hardboiled
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