Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 20:34

Il était temps que ce blog renaisse de ses cendres en dépit de toutes ses fausses promesses (tel un phénix politique mitterandien). C'est chose faite, sonnez trompettes, chantez castrats, je suis de retour, guidé par l'appel inexorable de la destinée, et surtout parce que la lecture des "Impressions d'Amériques" de ce sale menteur de Boris Vian (Vian, Boris, Chroniques du menteur, édition 10/18; je ne saurais trop vous en conseiller la lecture) m'ont donné un petit coup de fouet. 

 

Reprenons donc :

 

 

Il y a peu, porté par l'envie de passer mon oisiveté à voir du pays et désireux d'aller mettre mes plumes au chaud parce qu'en ce moment l'hémisphère nord, c'est pas un endroit où mettre un bloggeur dehors, je suis parti pour un pays exotique : la Guyane.

 

J'ai appris trop tard que la Guyane c'était la France, et donc modérément exotique à y tout bien réfléchir (après tout ils ont des plaques d'immatriculations presque comme les nôtres). J'ai rencontré dans l'aéroport Victor Hugo qui essayait de soutirer de l'argent aux touristes en chantant du Enrico Macias (le fameux chanteur suisse). Les vigiles, alertés par le bruit, le mirent dans le premier avion pour l'étranger venu, en l'occurrence la Guyane (eux aussi avaient oublié que la Guyane c'était la France, ils sont benêts).Cela tombait plutôt bien, je n'avais plus de faire-valoir depuis qu'Enak m'avait quitté pour Alix, et le capitaine Haddock (©®™) était beaucoup trop cher pour mes modestes moyens. J'embarquais donc Victor Hugo avec moi.

 

Mes premières impressions de Guyane concernèrent l'avion. 9h, c'est long. Heureusement ils ont beaucoup plus de films que depuis la dernière fois, même si la plupart sont en version française. J'ai collé Hugo devant sans tarder (le bougre s'apprétait à me lire le petit poème de 450 pages d'alexandrins en rimes riches alternées qu'il avait rédigé en attendant l'embarquement). Il a pu regarder les images qui bougeaient, il a été sage.

 

 

 

A l'arrivée, après avoir constaté qu'Air France justifie les tarifs prohibitifs de ses vols en distribuant gratuitement aux voyageurs du vin et du rhum pour qu'ils puissent déjà se coller une cuite de derrière les fagots qu'ils sont pas encore arrivés, nous voilà à l'aéroport de Rochambeau.

Pourvu de mon esprit d'observation qui m'étonnera toujours, je peux constater qu'on ne m'a pas menti sur la marchandise : la Guyane semble foutrement chaude et humide. C'est pas compliqué, en débarquant, j'ai cru qu'il nous avait fait une blague en nous conduisant dans les couloirs d'une piscine. Il faut dire que Hugo s'était shooté au chlore dans les toilettes de l'avion; il est incorrigible.

 

En sortant de l'aéroport, je suis soulagé, il fait meilleur. L'aéroport a bel et bien été construit avec des couloirs de piscine, je me disais bien que tous ces contrôleurs de 12 ans en slip kangourou et bonnets de bain avaient quelque chose d'un peu louche.

 

 

Deuxième remarque : tout cela semble foutrement vert, il y a des arbres partout. Quand on vient de Métropole (comme on dit là-bas pour parler de la France, je n'ai encore trop compris pourquoi : est-ce que les Suisses parlent de métropole pour désigner la France, eux ?), ça a de quoi vous filer le vertige. C'est pas le Luxembourg quoi. Mais je suis vaillant, je ne fais pas montre de mon trouble auprès des autochtones. Heureusement, ils se déplacent essentiellement en voiture là-bas, je peux aspirer avidement quelques bouffées de pot d'échappement, ça soulage.

 

Ils utilisent la voiture dis-je, car en effet, quand il est en ville, le Guyanais n'utilise pas la pirogue. Avec celle que nous avons amené par avion en prévision, nous avons l'air assez con, Hugo et moi. Nous la foutons dans un coin d'eau en nous promettant d'aller la rechercher dès qu'il se mettra à flotter (ce qui ne saurait tarder nous assure-t-on, la saison des pluies n'est pas loin).

 

En attendant, direction la capitale. Nous faisons une visite rapide et passons devant les bâtiments administratifs (construits dans un joli style colonial), la place centrale avec son bar occupé par les "blancs" (qui sirotent leur rhum sur leur terrasse dans un joli style colonial), et enfin la place Victor Schoelcher où l'ami Schoelcher tout de bronze vêtu prend une pose pompière sur son piédestal (dans un joli style colonial). La tête et un bras levé vers les cieux, l'autre bras enserrant d'un geste paternel un brave petit noir musclé et dévêtu, il semble lui dire "Ah, Momo, goûte de tous tes yeux émerveillés l'air, inestimable et pur, de la Liberté, vois ce ciel infini qui t'attend et te murmure les mille promesses de l'avenir ! Et maintenant va faire la vaisselle, elle ne va se faire toute seule." Une statue comme ça, on aurait eu tort de s'en priver (Victor Hugo a trouvé ça très beau, mais son avis ne compte pas, c'est un pote de Schoelcher).

 

ça me fait penser aux vidéos que l'on diffuse lors de la visite du Centre Spatial Guyanais tiens, mais on en parlera une autre fois.

 

 

 

Par Ten-Retni
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 18:53

Pop

Voilà, ça c'est juste histoire d'enlever la publicité de mon blog, non mais sans blague, et la sacro-sainte gratuité du net, la pureté revendiquée des espaces d'expressions personnelles, affranchis du diktat du dieu Argent, hein, on en fait quoi ? Encore, si je touchais un modique mais nénmoins substanciel pourcentage sur l'argent récolté à la sueur de mon front et de mon clavier, je dirais pas, mais là franchement, non quoi.

Bon, sur ce, je retourne gland...travailler avec acharnement pour satisfaire la foule de lecteur en délire rendus exsangue par la grève de la faim entamée pour réclamer la reprise de mon blog. Ne t'en fais pas Zerh, ton sacrifice ne sera pas vain, un jour je republierai quelque chose, je te le promet. Tes enfants seront fiers de toi. Si.
Par Ten-Retni
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 16:10

(Le Moustique narguant le peuple, O.Peterski, 1898, huile sur toile, 365 × 427, Peterski Foundation)



Il est armé, enfin, et l'ennemi ne sait rien de ce qui l'attend, bzzézétant avec son rythme régulier de chasseur en croisière.


L'humain retient son souffle et se concentre. Il sait que le duel se jouera sur la rapidité et sur une bonne dose de chance. Lorsque sa concentration atteint son sommet et que la tension se fait insoutenable, il jaillit hors de son lit, lançant sa main droite vers l'interrupteur du plafonnier tandis que sa main gauche tient son Courrier International aiguisé ! Puis ! Ne se laissant aucun répit, aiguisant son attention et ses yeux de lynx, il scrute les murs de sa chambre à la sobriété d'albâtre pour repérer la petite tâche noire accusatrice de la Bête qui, surprise, se sera posée quelque part !



A partir de là, de deux choses l'une : soit le moustique est visible, soit il ne l'est pas. S'il ne l'est pas, reportez-vous en a); dans le cas contraire, allez en b).


a) L'insecte est invisible. Alors commence une longue nuit où le cerveau exténué finit par sombrer dans un mauvais sommeil agité de rêves de vampires et de bombes insecticides.

b) L'insecte est visible, mais de deux choses l'une : soit il est sur un mur, soit il est au plafond, et s'il est au plafond, de deux choses l'une : soit le plafond est bas, soit il est haut, et s'il est trop haut pour que l'étudiant puisse l'atteindre -malgré ses prévisions-, allez en a) et maudissez l'architecte -ou le concepteur du journal. Si le plafond est bas, ou tout du moins pas suffisamment haut pour que l'étudiant ne puisse l'atteindre à l'aide de son journal -au besoin en s'aidant d'une chaise- alors l'espoir demeure.
Il faut aller lentement, discrètement. Tel le vietcong glissant dans la jungle, il s'avance vers sa proie de manière à ne pas la brusquer, puis, soudain ! avec la vivacité du tennisman rattrapant une balle vicieuse lancée sur le court, son bras guidé par une divine fureur abat, avec force mais précision, son courrier internationale sur la pauvre bête qui ne sait pas encore, sans doute, du haut de son cerveau minuscule, le sombre destin qui l'attend !


Sa terrible tâche exterminatrice terminée, soulagé, il contemple quelques instants la petite tache rouge qui macule son mur et médite sur la terrible précarité d'une existence absurde, qui ne tient parfois qu'à un mur trop blanc, un plafond trop bas, un journal trop gros.
Il va enfin se recoucher, l'esprit serein profitant de ce silence tant attendu.


(La Victoire, O.Peterski, 1899, huile sur toile, 365 × 427, Peterski Foundation)



Un beau jour, après de si nombreuses luttes nocturnes se renouvelant sans cesse, il arrive que l'homme, exaspéré par ce combat déraisonnable, s'exile vers des terres plus froides, moins hostiles, où l'eau n'est pas chaude et le soleil lointain. Adieu moustique, adieu torpeur ! [ référence à Adieu moiteur, adieu torpeur! célèbre roman autofictionnel d'O.Peterski, premier tome de la trilogie Mangue et Passion décrivant son séjour tumultueux sur l'île d'Oléron, ndt ]
Dans le Nord, vers les Flandres par exemple, tout n'est que ordre et beauté, hareng, calme et volupté. Heureux, l'homme s'allonge, souriant à l'idée d'avoir laissé derrière lui, une bonne fois pour toute, l'enfer tropical qui avait si longtemps perturbé ses nuits.



Il git donc, serein, dans sa chambre enténébré,
Attendant le sommeil, oubliant le moustique,
Quand le drame l'étreint : il perçoit affolé
Le vrombissement fatidique de l'ennemi juré.




Par Ten-Retni
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 18:13
Habitué aux rigueurs estivales d'un climat chaud et humide, l'étudiant ne craignait pas la moiteur des journées trop lourdes qui engourdissent les esprit et font suer les corps.

De fait, la journée, il dormait, s'étant adapté aux modes de vie de ces contrées du Sud dont les rues, l'après-midi ondulent sous l'effet une chaleur pesante et ne redeviennent vivables que lorsque vient le soir, quand la température se fait supportable et que la brise se lève et que les humains, alors, s'éveillant de la sieste, abrutis et hagards sortent de leurs tanières.


Et en ces saisons moites où le temps même s'étire, où le soleil repousse et la piscine attire, la Nuit se fait longue, faisant sortir les hommes, accueillant les ténèbres, réveillant les bestioles.

L'étudiant, souvent, en quittant une soirée, aspire à un sommeil qu'il pense mérité. Mais la douceur du soir s'est faite toute relative: la venue de l'été a chassé la fraîcheur, et rendu inutile tous les ventilateurs. Les créatures nocturnes, assoiffées, primitives, s'ébrouent et s'élancent à l'affût de leur proie.

Immobile et couché, l'étudiant se tient coi. La moiteur l'engourdit, le sommeil ne vient pas, il attend, silencieux, et perçoit, résigné, le vrombissement fatidique de l'ennemi juré. Dans le noir, il le sait, quelque part il est là, cherchant où attaquer dans sa chaire bien tendre.




(L'attente de Morphée, O.Peterski, 1898, huile sur toile, 365 × 427, Peterski Foundation)



L'étudiant sait que sa nuit sera longue. Il n'a pas peur de se faire sucer son précieux sang écarlate et juvénile. Il ne craint point les démangeaisons terribles du petit matin. Les boutons disgracieux l'indiffèrent. Stoïque, il reste droit dans son lit. Mais des sueurs froides se mêlent à celles de la transpiration ! Car s'il ne craint rien de tout cela, il redoute, plus que tout, le "bzz" terrible qui terrassera Morphée. Ce n'est pas la chaleur qui l'empêche de dormir mais ce bruit de cauchemar, dont le timbre doux et ronronnant perturbe insupportablement la tranquille et silencieuse permanence de la nuit, fluctuant légèrement au gré du vol, erratique et sanguinaire, d'un misérable insecte dont l'enfermement nocturne ne saurait trouver de répit autrement qu'en se bâfrant jusqu'à la lie du précieux liquide pourpre !

Etendu et presque serein, il prévoit et appréhende la suite des évènements. De l'issue d'un duel désormais inéluctable dépendra la qualité de son sommeil et l'affirmation de la supériorité de l'homme sur l'insecte, supériorité dont des indices n'ont pourtant cessé d'affluer depuis l'invention du DDT, la Grande ExterminationCamarguaise (qui fait encore frémir les oeufs de moustiques dans leur eaux croupies) et le développement de l'aviation (on peut d'ailleurs penser à la célèbre phrase prononcée par les frères Wright à l'issue du premier vol de leur aéroplane Flyer : "Ah! Ah! Dans l'cul l'moustique!").

Lentement, très lentement, avec la précaution infinie d'une reptation prudente, la main de l'étudiant glisse subrepticement vers son arme favorite : le journal. Un de ceux avec des agrafes. Un peu large. Mais pas trop. Pour qu'il tienne bien en main. Et suffisamment grand, attention, pour qu'on puisse atteindre sans problème le plafond.



Par Ten-Retni
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 00:34
Bref mot pour signaler à l'ami lecteur qu'il peut aller se changer les idées sur le blog d'Helicon, tandis que je planche laborieusement sur quelque idée géniale destiné à faire couler ces larmes de bonheur et de rire de ses joues fraiches et roses qui sont mon unique récompense et ma seule nourriture dans ce bas-monde.

A condition de s'intéresser aux Pays-Bas et à diverses autres considérations sans prétention, bien sûr.
Par Ten-Retni
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